Le mental de l'entraineur

Le mental de l’entraîneur en sport individuel.


Le mental de l’athlète est souvent d’actualité mais qu’en est il de celui de l’entraîneur ?
 Que faire de ses interrogations, de ses doutes, des choix et des orientations qu’il doit prendre. Comment gère t-il les échecs et les réussites du sportif, son environnement etc.…
Fort est de constater que bon nombre d’entraîneurs se pose beaucoup de questions sur leur façon de gérer les joueurs, la compétition et leurs propres angoisses. Autant d’interrogations inhérentes à ce si beau métier reposant sur tant d’incertitudes. Cet article d’ailleurs fait suite à ces questions qu’une jeune entraîneur stagiaire au diplôme d’état de Tennis m’a posée.
Pour répondre dans un premier temps de manière globale, nous allons distinguer deux domaines :
Celui de la conscience professionnelle et celui de la démarche, sachant que l’objectif est de réduire au maximum la notion d’incertitude.
    Un entraîneur est d’abord un éducateur, c'est-à-dire qu’il forme un individu dont le sport fait partie de son entité. Il apparaît donc inévitable de considérer l’athlète dans sa globalité. De lui inculquer des valeurs d’honnêteté, de dépassement de soi, de respect de lui-même (dopage…) et de son entourage. Il doit lui apprendre à être autonome pour qu’il puisse prendre la bonne décision au bon moment. L’entraîneur doit évaluer le degré d’internalisation du projet du sportif par lui-même, afin de limiter les contraintes externes qui parasitent l’évolution et l’accession au Haut Niveau.
La notion de « valeurs » prend tout son sens et qu’avant de les transmettre, le Coach lui-même doit identifier les siennes sur lesquelles il va appuyer son enseignement. C’est un travail qu’il doit entreprendre dès le début de sa carrière et qu’il doit effectuer régulièrement pour ne pas se perdre. Il apparaît évident que c’est un travail difficile au départ mais il doit se créer son propre référentiel de valeur, pour définir ce qu’il attend de l’athlète, ce qu’il veut ou non, ce sur quoi il est prêt à transiger ou non.

    1) Avoir sa conscience pour soi :
Il est du devoir du Coach de s’investir pleinement dans son métier. Il en va de sa responsabilité car il doit assumer ses choix, ses orientations. Cela ne veut pas dire qu’il est responsable de l’échec d’un athlète ou de sa réussite. Le sportif est son propre maître sur le terrain de jeu. « Nous construisons NOTRE chemin »
L’entraîneur est un guide, une sorte de maître, responsable de ses choix. Il est partie prenante de l’évolution du sportif lui donnant des outils utilisables, des objectifs difficiles et réalistes. Il a aussi le devoir de garder un certain recul pour rester lucide quant à l’analyse pour réajuster le travail. Un entraîneur trop investit émotionnellement dans la réussite ou l’échec perd sa capacité d’analyse et devient un entraîneur par procuration. L’échec est un témoin nécessaire à l’évaluation des progrès. Certes la confiance en soi vient avec la réussite, mais il est impératif avant toute chose de SE faire confiance. D’où la nécessité de fixer des objectifs de processus, de performances, intermédiaires, capitaux à l’objectif de résultat souvent générateur de trop de pression.  La conscience professionnelle peut se résumé en l’action de tout faire de manière rigoureuse et transparente pour inhiber le syndrome de culpabilité :
Ais je bien fait ? N’aurais je pas du faire ceci ou cela etc.

Travailler avec conscience permet de faire de meilleurs choix car choisir c’est renoncer, et entraîner c’est faire des choix…
Un travail de préparation mentale pour l’entraîneur s’avère nécessaire pour apprendre à gérer ses émotions, fixer des objectifs et gérer les après matchs entre autre. La préparation mental n’est pas là pour régler des problèmes mais pour optimiser la performance.


Au même titre que la conscience, la démarche de l’entraîneur lui confère une certaine crédibilité au-delà des résultats obtenus. De sa démarche dépendra la pertinence de ses contenus.

    2) La démarche de l’entraîneur :
Partant du postulat que le Coach maîtrise l’activité dans laquelle il intervient, sa démarche pédagogique va être la passerelle entre l’activité et le sportif. De son objectivité et de son individualisation, la démarche  va permettre au sportif de répondre efficacement aux contraintes du sport. La démarche est l’ensemble des moyens utilisés par le Coach en fonction du sportif, pour le rendre efficient. (maximum d’efficacité avec un minimum d’énergie dépensée). Et comme énoncé précédemment, il est important d’avoir un référentiel propre de démarche pour ne pas avancer à l’aveugle. L’entraîneur doit être conscient de sa démarche.
La notion de programmation prend tout son sens, car la hiérarchisation des objectifs dans le temps permet d’avoir un échelle d’auto évaluation pour l’athlète comme pour le Coach. Bon  nombre d’échecs est  du à des objectifs trop élevés ou mal programmés dans le temps.

Conclusion :
Pour limiter les incertitudes et les angoisses de l’entraîneur, il apparaît capital qu’il doit au préalable du terrain, tout faire pour préparer ses interventions de manière quasi scientifiques. Il doit aussi prendre suffisamment de recul pour ne pas être trop investit émotionnellement dans la réussite ou l’échec du sportif. En effet il ne faut pas qu’il y est de collusion entre le passé de joueur du Coach et son métier d’entraîneur. Ceci évitera  tout transfert nuisible à la lucidité de celui-ci.
Cet article est une partie de réponse aux interrogations que peuvent avoir les entraîneurs quant à leur métier.
 Mais au même titre que les sportifs, le mental des Coach se travaille….